La transhumance

 

Chaque dernier week-end de mai, à l’occasion de la Saint-Urbain, les troupeaux des vaches Aubrac montent des rives du Lot vers les montagnes d’Aubrac où elles vont passer cinq mois en pleine liberté à brouter une flore unique. Leurs veaux encore tout jeunes sont acheminés par camion. Les retrouvailles entre les mères et leurs petits dans les champs sont assez impressionnantes.

La transhumance est un événement phare de la vie de l’Aubrac. Des dizaines de milliers de spectateurs viennent y assister. Aux sons des plates, ces cloches plates, chaque éleveur emmène son troupeau de belles aux yeux noirs sur sa montagne.

Mais la transhumance n’est pas que folklorique. Pour obtenir le label Bœuf Fermier Aubrac, il faut accomplir sa transhumance et aller brouter. A chaque Saint-Urbain, les vaches montent des bords du Lot. Le 27 mai, les montagnes d'Aubrac sont "meublées pour l'été". De belles taches froment parsèment cet océan de verdure séparé par des murets de pierre à l'irlandaise. Si la plupart des troupeaux montent en camion, il reste encore des petites transhumances répétées chaque année dans l’intimité comme celle du troupeau de Claude Martin, patron de l'Escurial à Paris.
Quant à la grande transhumance relancée voilà vingt ans, par les Lion's Clubs du Rouergue, elle est devenue, au fil des ans un moment identitaire fort dans la vie de l'Aveyron. La transhumance prouve que l'on peut laisser des bêtes vivre cinq mois dans une vraie nature sauvage comme l'Aubrac et obtenir à force de persévérance une race et une viande incomparable. Aujourd'hui, les vaches d'Aubrac broutent l'herbe de France la plus riche, une herbe sans engrais, recouverte d'une flore enivrante de fragrances.

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